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Pourquoi tant d’écrivains consomment-ils drogue et alcool ?

Longue est la liste des écrivains célèbres ayant subi une dépendance, parfois volontaire, à la drogue ou à l’alcool : des poètes maudits comme Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, jusqu’à nos jours avec Stephen King, en passant par Steinbeck, Faulkner, Hemingway, Carver et bien d’autres. Sans aller jusqu’à la dépendance, nombreux sont ceux qui revendiquent ce genre de consommation, comme par exemple Frédéric Beigbeder.

L’alcool et la drogue apportent-ils une aide réelle à la créativité littéraire ?

Le bar du Ritz à Paris (c) Pablo Sanchez
Un bref historique

Alors que l’alcool tenait le haut du pavé depuis des temps immémoriaux, le 19e siècle voit en occident l’apparition des drogues orientales (haschich, opium, et autre). Souvent utilisées au départ pour des raisons thérapeutique, leur consommation s’élargit rapidement. La société de l’époque, ignorante des dangers de leur consommation, va se passionner pour le sujet. On boit, on fume en société pour passer un bon moment et se divertir.

Les intellectuels et les scientifiques vont alors s’intéresser aux effets étonnants de ces produits sur le mental. Souvent en les testant sur eux-mêmes pendant des durées plus ou moins longues.

Par exemple, le Club des Haschichins, fondé par le docteur Moreau, qui sera actif de 1844 à 1849. Scientifiques, hommes de lettre, artistes le fréquentent. Parmi lesquels : les peintres Eugène Delacroix et Daumier, des poètes comme Théophile Gautier, Charles Baudelaire ou Gérard de Nerval, des écrivains comme Alexandre Dumas et Benoît Levingston.

Fleurissent alors des publications sur ce thème. Premier témoignage d’importance, Les Confessions d’un mangeur d’opium anglais de Thomas de Quincey, publié en 1822. Par la description de rêves et de cauchemars obtenus sous l’influence de l’opium, l’auteur a introduit un univers fantastique qui est devenu un modèle esthétique nouveau. L’œuvre a autant marqué l’imaginaire littéraire que le savoir médical.

Il inspire notamment Les paradis artificiels de Baudelaire en 1860. Sous un angle plus médical, paraît en 1845 une étude, L’aliénation mentale, du docteur Moreau lui-même.

On ne saurait oublier Arthur Rimbaud : « Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. » Un dérèglement qu’il a largement exploré sous l’emprise de l’alcool et d’autres drogues, en compagnie de Verlaine, alcoolique notoire.

Plus récemment, Henri Michaux a étudié lui aussi, volontairement et sous contrôle médical, les effets de la mescaline sur son écriture, entre 1962 et 1973, et a publié des livres sur le sujet.

De nos jours, les choses n’ont pas beaucoup évolué. On connaît en détail les effets nocifs et addictifs de la plupart des drogues, et la chimie a permis l’apparition de nouvelles formules, toujours plus efficaces mais aussi plus nocives.


Les écrivains américains ne sont pas en reste

Dans ses mémoires, Ecriture : mémoires d’un métier Stephen King nous apprend que des années durant, ses dépendances aux drogues et à l’alcool étaient si fortes qu’il se souvient à peine avoir travaillé sur certains de ses best-sellers les plus connus.

Un jour qu’il était au plus bas, il a perdu conscience à la suite d’une consommation de cocaïne trop élevée. Sa femme Tabitha décida alors d’organiser une sorte de groupe d’intervention constitué de membres de la famille et d’amis, sur le modèle des séries télévisées américaines lors de laquelle l’invité assiste à une projection d’images de sa vie en enfer.

Il poursuit ainsi : « Tabby commença par déposer un sac poubelle rempli d’affaires de mon bureau sur le tapis dehors : des cannettes de bière, des mégots de cigarettes, de la cocaïne en bouteille, de la cocaïne dans des sacs plastiques, des cuillères à coke encroûtées de morve et de sang, de Valium, de Xanax, de bouteille de toux Robitussin, de NyQuil – un médicament contre le rhume, et même de bouteille de bain de bouche… »

Au bout de quelques temps, il finit par s’en sortir avec l’aide de ses proches.

Citons également Steinbeck, Hemingway, Sinclair Lewis, Faulkner – tous des Prix Nobels – morts ivres au sommet de leur gloire.


Quelle est la connexion entre l’acte d’écrire et l’alcool ?

Frédéric Beigbeder évoque souvent dans ses interviews, et dans ses livres, sa consommation de drogue. Non seulement il l’assume, mais on peut dire qu’il la revendique. Son dernier roman, Un Roman Français, Prix Renaudot 2009, débute par son arrestation par la police pour usage de stupéfiant sur la voie publique.

Ce qui intéresse Beigbeder, c’est le côté désinhibiteur de l’alcool ou de la défonce. Il est favorable à tout ce qui désinhibe, tout ce qui peut inspirer. « Allongé très ivre sur une banquette de strip club, vous avez aussi de très bonnes idées. J’ai souvent remarqué d’ailleurs que l’état second, l’ivresse, la défonce, me faisaient écrire des choses valables, que l’on peut garder. Il y a beaucoup de choses dans mes livres qui ont été écrit dans des états très avancés. »

L’effet désinhibiteur des drogues est souvent mis en avant par ceux qui les consomment. Antoine Blondin ne parvenait à vaincre la page blanche que par la boisson. C’est aussi ce que suggère le groupe suédois Peter, Bjorn and John dans sa chanson Le Blocage de l’écrivain, où l’angoisse de la page blanche semble céder avec la marijuana.

Dans le cas de Blondin, « on n’a jamais su si le fait de boire le libérait ou s’il avait du mal à écrire parce qu’il buvait », raconte Pierre Assouline.

Ces dépendances ne hantent pas que les écrivains.

Le psychologue le plus doué de ces dernières 50 années, R.D. Laing, pouvait rencontrer un schizophrène paranoïaque et l’amener à tenir une conversation lucide une heure après. On pouvait trouver ce même Dr. Laing hébété par l’alcool le weekend suivant.


Créativité et drogue

On peut en fait généraliser cette connexion à l’ensemble des activités de création.

Certains génies réellement créatifs semblent être alimentés par leur danse destructive avec la bouteille.

Une danse qui s’avère souvent être fatale. Jackson Pollock, sans doute le meilleur peintre abstrait d’Amérique, est mort alors qu’il conduisait en état d’ébriété. Il n’avait que 44 ans. On peut imaginer ce qu’aurait pu être sa carrière, alors qu’un de ses tableaux a récemment établi un nouveau record en se vendant à 140 millions de dollars.

Une étude post-mortem d’environ 300 écrivains et peintres, effectuée en 1996 par la Société Royale de Psychiatres du Royaume-Uni, démontrait un taux d’alcoolisme de plus de deux fois le taux normal.

Depuis l’époque de Sigmund Freud, la plupart des théoriciens psychologiques estiment que ce sont nos peurs intérieurs, nos angoisses et nos désirs primitifs qui alimentent notre développement intellectuel. Le citoyen moyen cherche à les éviter. L’artiste s’y enfonce volontairement.

Les créatifs chercheraient donc un soulagement dans l’alcool ou la drogue, à cause du temps qu’ils passent avec leurs angoisses. Cela contribue à expliquer pourquoi tant d’artistes rechutent : après des années de lutte contre leurs démons, la désintoxication peut sembler plate et ennuyeuse. La plupart des gens en convalescence traversent l’ennui.

Linda Leonard, elle-même auteur, a organisé des ateliers pour artistes sur le thème de la dépendance et de la créativité. Elle observa qu’ils utilisent l’alcool pour explorer leur côté obscur, et non pas pour calmer leur angoisses. Presque chacun d’entre eux parla de peur et de lutte avec leur perte de contrôle émotionnelle. Ces artistes ne cherchaient ni l’argent ni la célébrité mais plutôt une expérience au-delà du pâle quotidien.

C’est la même chose chez de nombreux alcooliques. On peut être horrifié par les vagues de rires qui émanent d’une réunion d’alcooliques anonymes lorsque les membres parlent de leurs expériences aux frontières de la mort.

L’ancien Beatles George Harrison, mort du cancer à 58 ans, a dit lors d’une interview datant de la fin des années 70 : « Toute votre vie vous vouliez être riche et célèbre, et lorsque vous devenez riche et célèbre, vous vous rendez compte que ce n’est pas que vous cherchiez, qu’il doit y avoir autre chose. »

D’un point de vue psychologique, si l’on essaie de combler un manque par quelque chose qui ne correspond pas à son besoin – comme l’argent, la célébrité, le sexe, le chocolat, l’alcool ou la drogue – on en voudra toujours plus, on ne sera jamais rassasié.


D’après notamment Le New York Daily News
et le blog Le Mangeur d'Opium

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